#2 Mille femmes blanches

Bonjour bonjour !

Bon, je sais qu’il n’y a encore pas grand monde qui est venu ici mais… de mon côté je continue doucement mon challenge, je réfléchis à un nouveau nom pour ce blog (oui, je l’ai créé un peu vite et je n’avais pas vraiment d’idée), je pense à la manière de participer davantage à la blogosphère littéraire… Autant vous l’avouer, j’ai à peine le temps de regarder un ou deux articles sur des chouettes blogs, c’est pour ça que je n’ai jamais pris le temps de laisser un commentaire : j’ai un boulot assez prenant (m’enfin, du moment que j’ai un boulot). C’est un rythme à prendre ! D’ailleurs, je ne sais pas comment vous faites pour lire cinq livres par semaine… 😀

 

Me voilà donc au terme de cette deuxième semaine de challenge :

mille_femmes_blanches

 

Pour la petite histoire, le jour où j’ai acheté ce livre, j’étais avec quelques camarades chez Gibert Joseph et nous allions passer un entretien « d’embauche » (de stage) pour le salon du livre. En attendant dans le magasin, j’ai lorgné sur ce bouquin et c’est la très connue Bouchon des bois qui m’a encouragée à le prendre. Quel bon conseil ! J’ai mis du temps, mais je l’ai lu Bouch ! 😀

 

L’histoire / Que dit la 4e ? 

En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart vient en réalité des pénitenciers et des asiles… L’une d’elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption…

 

Ce que j’en pense

Ça, c’est ce que l’on peut appeler une histoire ! Même en sachant qu’elle est imaginaire, je n’ai pas pu m’empêcher, à maintes reprises, de croire qu’elle avait pu réellement se produire. Evidemment, je me suis dit à chaque fois « mais noooon, bien sûr que non, une telle chose n’aurait jamais pu arriver ! ». Jim Fergus a pourtant bien réussi à semer le doute dans mon esprit, malgré sa note à la fin du livre.

J’ai apprécié ce format « journal intime », renfermant le témoignage de l’héroïne, May Dodd, précis, visuel, imagé et fait de sensations et d’émotions. J’ai véritablement plongé dans l’univers du livre : mon cœur battait, ma poitrine se serrait, mon ventre se tordait au fil des événements. Avant de parler de May, j’ai d’ailleurs envie de parler de l’histoire.

Mille femmes blanches contre des chevaux et des bisons, c’est ce que souhaitent les Indiens Cheyennes pour peu à peu s’intégrer à la société blanche. Pourquoi mille femmes blanches ? Parce que lorsqu’un enfant naît chez eux, il prend la « nationalité » de la tribu de sa mère. Pour les Cheyennes, ce troc permettrait donc de se mélanger avec les Blancs pour continuer à survivre lorsque le gibier ne sera plus suffisant pour vivre en autarcie. Scandale dans tout le pays. Pourtant, le gouvernement, sûr de sa supériorité, compte bien se servir de ce troc pour amener les Indiens de toutes tribus à rejoindre des réserves. Une manière de les expulser des terres sur lesquelles les Blancs lorgnent, de changer leur mode vie « anormal » et de les convertir afin qu’ils deviennent de bon petits américains. Pour faire simple : éradiquer un peuple entier.

Bien sûr, il n’y a pas de quoi être étonné : le 19e siècle aux Etats-Unis n’est pas un modèle de tolérance (d’ailleurs aujourd’hui encore, ils ne sont pas au top niveau). Si quelques individus, comme toujours et partout, considèrent que tout être humain mérite d’être traité de la même façon (à peu près), quels que soient son rang, son origine, sa couleur, son sexe, d’autres, comme toujours et partout, sont convaincus de la supériorité d’une « race » sur une autre et peuvent se montrer capables des pires agissements.

Si seulement tout était si simple… Jim Fergus nous démontre remarquablement bien que les idées, les perceptions, les actions, les pensées, l’éducation, les sentiments façonnent des individus uniques et surtout pas figés. C’est là toute la complexité de la chose et May Dodd l’incarne à merveille.

Parce que May Dodd est : -une femme, -blanche, -d’un certain rang, -non-pratiquante, -anticonformiste. Elle a donc reçu une éducation en cohérence avec son statut de femme blanche d’un rang aisé et l’époque dans laquelle elle vit, sauf que, May Dodd a aimé un homme et considéré qu’il n’y avait rien de mal à ne pas l’épouser et lui faire deux enfants alors même qu’il n’était pas du même rang qu’elle. Cette façon de penser, très moderne, se rapproche le plus de la simplicité de l’être humain, pas au mauvais sens du terme bien sûr. Avec un petit truc en plus : le fait d’avoir cherché à être heureux, et ma foi, y être à peu près arrivé.

Sans rentrer dans les détails de la vie de May Dodd, voici que celle-ci se retrouve au beau milieu des Cheyennes. Elle montre alors une facette d’elle, bien entendu tolérante, mais tout de même ancrée corps et âme à jamais dans une société qui l’a façonnée. Quoi qu’on en dise, il y a une limite à l’acceptation de la différence, en particulier lorsque l’on touche à des principes moraux indivisibles de ses propres sentiments et de sa propre chair.

Tout au long du récit, l’impertinente May Dodd fera l’effort, et parfois même trouvera naturel, d’accepter et d’adopter des pratiques Cheyennes, surtout celles qui se rapprochent de l’idée qu’elle a d’un mode de vie qui lui correspond. Mais May Dodd vient malgré tout d’un autre milieu, et surtout n’est pas si rancunière que ça envers ses anciens concitoyens. De ce fait, tout au long de son aventure, son cœur et sa raison sont sans cesse en conflit, l’un et l’autre balançant d’un côté et de l’autre.

J’ai passé de bons moments « avec » May et les autres femmes, blanches et cheyennes. Bien sûr, les plus ouvertes d’esprit étant les plus agréables (c’est un point de vue comme un autre). Helen était une de mes préférées. Autant dire que la fin de l’aventure a été juste terrible, ne laissant sa chance à personne.

Il est clair que ce livre est une critique du sempiternel manichéisme qui caractérise si bien les américains : Jim Fergus défend d’abord à merveille les différents peuples natifs de l’Amérique contre la prétendue supériorité de la « race blanche », mais il montre aussi, et c’est là le plus important, qu’il est important de nuancer les choses. Il y a du bien et du mal partout, du bien dans le mal et du mal dans le bien. Aucun peuple ne peut se targuer d’avoir les mains propres : que ce soit un rite ou un devoir, tout le monde a tué. Que ce soit chez les Indiens ou chez les Blancs, la femme n’est pas aussi considérée que l’homme. Les uns sont à la recherche permanente du bonheur, les autres le considèrent comme superflu. Il n’y a pas de bien et de mal : ça on le sait tous ici et maintenant. Il n’y a que la façon dont a choisi de vivre en respectant l’autre.

Pour ça, j’ai adoré cette lecture, mieux que ça, je l’ai vécue !

 

Je me suis laissée un peu emporter non ? 🙂

 

Ma lecture de la troisième semaine de 2016 sera… Le pingouin d’Andreï Kourkov ! Et pour l’anecdote… j’ai acheté ce bouquin au salon du livre, sur le stand même où j’ai travaillé parce que oui, je l’avais réussi cet entretien « de stage » ! 😉

kourkov_pingouin

 

A très vite !

Imagimarion

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