#12 Kiffe kiffe demain

Bonjour les livrovores ! 

Je sais je sais, je n’ai rien publié sur le blog la semaine dernière… Je dois dire qu’avec le retard que j’ai pris, je suis complètement perdue ! Donc je récapitule un peu : je vous présente ici mon bilan de la semaine #12, c’est-à-dire du 21 au 27 mars (on fait comme si :D). J’ai déjà lu également le livre de la semaine #13, donc du 28 mars au 3 avril : le bilan ne devrait pas tarder… Et je dois du coup lire encore le livre de la semaine passée, du 4 au 10 avril, avant d’attaquer ma lecture de la semaine #15 et enfin rattraper mon décalage : OUF ! Vous avez suivi ? 🙂

 

 

Faiza-Guene-kiffe-kiffe-demain

 

L’histoire / Que dit la 4e ?

Doria a quinze ans, un sens aigu de la vanne, une connaissance encyclopédique de la télé, et des rêves qui la réveillent. Elle vit seule avec sa mère dans une cité de Livry-Gargan, depuis que son père est parti un matin pour trouver au Maroc une femme plus jeune et plus féconde. Ça, chez Doria, ça s’appelle le mektoub, le destin : « ça veut dire que, quoi que tu fasses, tu te feras couiller. » Alors autant ne pas trop penser à l’avenir et profiter du présent avec ceux qui l’aiment ou font semblant. Sa mère d’abord, femme de ménage dans un Formule 1 de Bagnolet et soleil dans sa vie. Son pote Hamoudi, une grand de la coté, qui l’a connue alors qu’elle était « haute comme une barrette de shit ». Mme Burlaud, sa psychologue, qui met des porte-jarretelles et sent le Parapoux. Les assistantes sociales de la mairie qui défilent chez elle, toujours parfaitement manucurées. Nabil le nul, qui lui donne des cours particuliers et en profite pour lui voler son premier baiser. Ou encore Aziz, l’épicier du Sidi Mohamed Market avec qui Doria essaie en vain de caser sa mère. Kiffe kiffe demain est d’abord une voix, celle d’une enfant des quartiers. Un roman plein de sève, d’humour et de vie.

 

Ce que j’en pense 

Kiffe kiffe demain est un roman pour adolescent que l’on m’avait offert il y a quelques années, dans ma jeunesse (dit la vieille branche que je suis). Je ne l’avais encore jamais ouvert, pour la simple et bonne raison que ma PAL, je la traîne depuis quinze ans. Il est donc probable que j’aie encore quelques livres jeunesse posés sur mes étagères.

J’ai donc pris ce roman court pour continuer à rattraper mon retard dans mon challenge. Si la raison n’est pas forcément légitime, au moins elle me permet de me plonger enfin dans les bouquins qui pleurent de solitude depuis mes quinze ans !

Je le dis sans détour : ce roman est un petit bijou. Il donne à lire les mots d’une adolescente « de banlieue » comme il est d’usage de dire, livrant son ressenti sur le monde qui l’entoure. Il est plus ou moins encore d’actualité (il date de 2005), dans la mesure ou la société n’a pas réellement changé en profondeur depuis. En revanche, au vu des événements qui secouent la France depuis deux ou trois ans, de plus en plus près de « chez nous », on peut considérer que la vision de Doria sur son monde est maintenant un peu dépassée.

Peu importe, ce roman nous plonge dans la vie d’une adolescente d’origine maghrébine de quinze ans qui vit seule avec sa mère illettrée dans une cité en banlieue de Paris. Le père de Doria est parti pour aller faire un garçon à une femme plus jeune au Maroc. Les amis de Doria s’en sortent plus ou moins bien, fricotant avec le trafic de drogue ou menant une vie tranquille en aidant les autres. La mère de Doria est la plus attentionnée des mamans, même si elle ne comprend pas tout aux adolescents « d’aujourd’hui » et à leur mode vestimentaire.

Dans sa cité, Doria a connu des tas d’histoires et d’anecdotes, joyeuses, marrantes, bizarres, tristes ou vraiment terribles. La force de Doria, c’est son bon sens. Elle porte un regard intelligent sur le monde qui l’entoure, sur sa culture, sur sa religion. Elle porte parfois des jugements, elle trouve normales d’autres choses, elle est étonnée par certains choix. Mais dans tous les cas, elle est critique dans sa vision des choses : tout ne se justifie pas par le mode de vie, la culture ou la religion.

Elle a beau dire le contraire, elle a de l’espoir pour l’avenir et est armée pour la vie d’adulte. Ce qui est fort aussi avec cette adolescente, c’est qu’elle remet certaines choses à leur place : à travers des clichés grossiers sur les Dupont et Durand, ces français d’origines françaises issus de la classe moyenne haute, elle montre aussi les inégalités et préjugés injustes qui écrasent des tranches de population, soit à cause de leurs origines et leur culture, soit à cause de leur pauvreté, soit tout en même temps. Et si les Dupont et Durand ont l’air de tout savoir sur comment régler ces problèmes, Doria prouve qu’ils ne se posent pas forcément les bonnes questions.

On pourrait disserter des heures sur ce bouquin, un simple roman jeunesse qui dévoile avec des yeux enfants innocents mais conscients des réalités d’un monde intolérant, d’un monde où les humains ne savent pas vivre les uns avec les autres. Et si certains se démènent, manifestent, aident, ou sont solidaires, même juste un peu, la tâche semble impossible à surmonter, du moins, c’est ce que je pense, ce que je vois avec mes yeux d’adulte.

Heureusement, les touches d’humour dans ce récit allègent le ton : il ne faut pas oublier que c’est un roman jeunesse et qu’il est destiné à éveiller les consciences sans abattre complètement tout espoir !

J’ai donc passé un très bon moment avec Doria, et ça m’a de nouveau donné à réfléchir sur notre société malade.

 

 

Je vous prépare le prochain bilan, celui de la semaine #13, avec Fukushima mon amour, de Gérard Raynal, auteur local de chez moi !

 

Et vous, que lisez-vous ? Dites-moi, je suis curieuse !

 

A très vite !

Imagimarion

 

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