#16 Syngué sabour, pierre de patience

Hello mes petits livrovores, 

Bouh, pas très envie de rire ces temps-ci, trop de fatigue et de stress, et je peux vous dire que ma lecture de la semaine m’a secouée. Une magnifique lecture, mais terrible, dont je vous parle tout de suite.

 

 

 

synguésabour

L’histoire / Que dit la 4e ?

« Cette pierre que tu poses devant toi… devant laquelle tu te lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes misères… à qui tu confies tout ce que tu as sur le coeur et que tu n’oses pas révéler aux autres… Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t’écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu’à ce qu’un beau jour elle éclate. Elle tombe en miettes. Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines… Comment appelle-t-on cette pierre ? »

En Afghanistan peut-être ou ailleurs, une femme veille son mari blessé. Au fond, ils ne se connaissent pas. Les heures et les jours passent tandis que la guerre approche. Et la langue de la femme se délie, tisse le récit d’une vie d’humiliations, dans l’espoir d’une possible rédemption.

 

Ce que j’en pense 

 

Voilà une lecture de laquelle on ne ressort pas indemne. Le propos, réaliste, m’a ébranlée. L’histoire est celle d’une femme qui veille sur son mari blessé, un homme incapable de bouger ou de parler, aux yeux ouverts et hagards tout au long du jour et de la nuit, son reste de vie n’étant trahi que par sa respiration. Une vie maintenue par les gouttes d’une eau sucrée-salée qui s’égrènent dans son corps.

La femme prie pour lui et parfois, lui parle de choses et d’autres alors que les balles mortelles fusent de plus en plus près de leur refuge. Alors que la tension monte peu à peu, que le silence de l’homme est de plus en plus pesant, la femme commence à parler de moments de sa vie. Des moments de sa vie de fille et d’épouse qui n’ont été qu’humiliations, souffrances, culpabilité et amertume.

Ce roman devrait nous rendre féministes, devrait nous rendre humanistes. Ce roman raconte la vie d’une femme du 21e siècle, en Afghanistan ou ailleurs, que l’on croirait coincée au Moyen âge. On ne se rend pas compte du confort et du progrès que nous nous contentons de consommer : à quelques milliers de kilomètres et peut-être plus près, des femmes sont considérées comme des bouts de viande et moins que ça. Des objets, des moins que rien, des incapables et des coupables.

Des intonations de haine, de culpabilité, de douleur transpirent de chaque mot. Le style qui frôle la poésie n’est pas là pour enjoliver le récit : je trouve qu’il le rend plus marquant. Ici, sur mon blog, je ne trouve pas grand chose à dire de plus : on n’est pas dans une simple histoire, on n’a pas besoin de discuter de la personnalité du héros, on a juste besoin de comprendre l’inimaginable et regarder plus loin que notre nez dans la vie.

Ce roman devrait être lu par tout le monde, hommes et femmes, dès l’adolescence. Lire ce bouquin m’a rendue tellement en colère contre le monde, mais au moins je suis capable de savoir, en partie, ce qu’il arrive à mes semblables. J’étais déjà amère en voyant tout ce que ce monde a de plus pourri au fond de lui, pendant que nous, privilégiés, nous occupons de nos petites préoccupations futiles. Lire ce livre m’a presque tiré des larmes de fureur. C’est injuste, c’est réel. C’est dégueulasse. Alors lisez ce livre, lisez-le, et vous saurez.

 

Pour la semaine qui vient, je vais essayer de retrouver une histoire un peu plus joyeuse parce que vraiment, entre tout ce qui se passe sur Terre, je vais bientôt croire qu’il n’y a rien de bon à vivre dans ce monde. Je vais donc de ce pas chercher ma prochaine lecture !

 

Et vous, que lisez-vous ?

 

A très vite !

Imagimarion

 

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