#21 Ulysse from Bagdad

Coucou les livrovores ! 

Me revoilà une nouvelle fois avec un retard monumental. Bon, pour vous expliquer rapidement en quelques mots clés ce qu’il se passe depuis quelques mois : heures sup, emménagement et travaux dans notre maison, reprise du sport, et désormais pour tout ce mois de novembre, un concours à préparer en catastrophe. Donc le soir, je le dis et je n’en suis pas fière… j’ai la flemme de lire (bouuuh). Mon défi 52 livres en 2016 est tombé à l’eau, mais je compte bien passer la moitié de l’objectif d’ici la fin de l’année ! Je compte sur vous pour m’encourager 😀

 

ulysse-from-bagdad

 

 

L’histoire / Que dit la 4e ?

« Je m’appelle Saad Saad, ce qui signifie en arabe Espoir Espoir et en anglais Triste Triste. »
Saad veut quitter Bagdad et son chaos, pour gagner l’Europe, la liberté, un avenir. Mais comment franchir les frontières sans un dinar en poche ? Tel Ulysse, il affronte les tempêtes, survit aux naufrages, échappe aux trafiquants d’opium, ignore le chant des sirènes, et doit s’arracher aux enchantements amoureux. Tour à tour absurde, bouffon, dramatique, le voyage sans retour de Saad commence…

 

Ce que j’en pense 

 

J’ai retrouvé avec plaisir Eric-Emmanuel Schmitt, un auteur qui allie avec justesse poésie, tragédie et fantaisie, qui maîtrise l’art du concret comme de la sensibilité. Je me rends compte que je n’ai pas lu pléthore de ses œuvres et pourtant, je me sens aussi à l’aise avec son style que si je l’avais toujours connu. Avec Ulysse from Bagdad, j’ai renoué avec la poésie de L’élixir d’amour, la subtilité philosophique et la sensibilité d’Oscar et la dame rose. Pour moi, Schmitt est un des rares auteurs qui sait donner de la beauté à une réalité terrible, sale et qui manque cruellement d’humanisme.

Ulysse from Bagdad raconte Saad Saad, jeune Irakien qui a vécu la dictature de Sadam Hussein, l’embargo des Etats-Unis, la décrépitude d’un pays qu’on a dit sauvé mais dans lequel le simple droit de vivre en étant en bonne santé et en mangeant à sa faim n’existe plus, un pays duquel on a certes débarrassé le dictateur mais dans lequel on a laissé fleurir des milices. Saad, pour tenter de sauver sa famille, veut rejoindre l’Angleterre. Il va traverser l’Egypte, la Libye, l’Italie, la France, subir les méfaits de l’opium, les méfaits de l’administration, les méfaits de la clandestinité, les méfaits de l’espoir, accompagné du fantôme de son père. Même les rares moments de sérénité, les rares personnes qui combattent le système de hiérarchisation de l’humain et des frontières, les rares endroits hospitaliers, ne peuvent apaiser celui qui ne vit que pour un seul but.

On apprend deux choses avec ce récit : la dureté de la vie d’un migrant (et c’est un euphémisme), et l’absurdité de la sectorisation instaurée depuis la nuit des temps par l’être humain. Malheureusement, comment faire comprendre la première problématique à tous ceux qui se complaisent dans le fonctionnement de la deuxième problématique ? Si tout le monde lisait ce livre, tout le monde pourrait comprendre. Tout ceci n’est pas une question d’intelligence, mais une question de bon sens. Mais là, c’est un autre débat…

Avec des mots simples, qui ont tantôt le parfum d’une chanson, tantôt le salé d’un sanglot, Schmitt nous donne à voir l’évolution d’un corps et d’une âme auxquels on fait subir les pires ignominies, sous couvert que les droits d’un être humain ne valent que s’il répond à certains critères. Le seul réconfort, le vrai, vient de Saad lui-même, ou plutôt du souvenir de son père qu’il porte en lui. Un souvenir qui prend la forme d’un fantôme qui visite son fils. Le père de Saad, homme lettré et ouvert, représente à lui tout seul ce qu’était le Moyen Orient autrefois : une région d’une richesse culturelle et scientifique sans pareille, que n’ont pas su préserver des esprits aveuglés. Le père de Saad fait preuve d’une grande douceur et d’une appréciable ingéniosité, il est l’unique lueur que son fils ne peut ignorer.

En bref, nous avons là un récit réaliste, un docu-fiction mi-poétique mi-philosophique, sensible mais pas pathos, subtil et sincère, vrai. Un récit qui ne pouvait être écrit que par quelqu’un de profondément humaniste, et qui fatalement, n’intéressera pas la majorité des êtres humains…

Verdict : un roman essentiel.

Ma prochaine lecture est Intrigue à Venise d’Adrien Goetz, un auteur que je ne connais pas. Mais j’avais besoin d’un petit roman bien tranquillou, une fiction pure et dure, après un enchaînement de récits réalistes et tristes !

 

Et vous, quelle est votre lecture du moment ?

 

A très vite !

Imagimarion

 

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