#22 Bartleby le scribe

Bonjour tout le monde ❤  

Je me suis rendue compte avec effarement que je n’avais pas fait le bilan de ma lecture de Bartleby le scribe ! Et moi qui désespérais de ne pas vous proposer assez d’articles… Allez, voici un petit debrief’, et en ce jour bien triste, rappelez-vous que les américains nous ont aussi laissé des oeuvres fantastiques, rien que pour ça, tout ne peut pas être si sombre…

 

melville-bartleby

 

 

L’histoire / Que dit la 4e ?

« Une fois dans la bibliothèque, il me fallut environ deux secondes pour mettre la main sur le Bartleby de Melville. Bartleby ! Herman Melville, Bartleby, parfaitement. Qui a lu cette longue nouvelle sait de quelle terreur peut se charger le mode conditionnel. Qui la lira le saura. » Daniel Pennac

 

Ce que j’en pense 

Herman Melville ne nous a pas donné que Moby Dick, il nous a aussi offert Bartleby le scribe, une longue nouvelle qui selon moi, devrait être un classique à étudier en classe.

L’histoire est narrée par un notaire de Wall Street au milieu du XIXe siècle. Ses deux employés, caractérisés par une humeur soumise au moment de la journée et desquels il faut par conséquent s’accommoder avec patience, ne suffisent plus à absorber le travail de l’étude. Le notaire engage donc une troisième personne : Bartleby, après qu’il s’est présenté à la porte, immobile et muet.

Commence alors une étrange histoire, faite d’étranges relations et d’étranges décisions. Bartleby ne fait que de la copie, derrière son paravent, et se refuse à toute autre tâche par un « je préfèrerais pas ». Malgré cela, le notaire laisse faire. Donner plusieurs chances, comprendre que Bartleby a des problèmes, a peut-être vécu quelque chose de terrible… Le notaire découvre petit à petit que Bartleby ne mange que des biscuits au gingembre, reste constamment dans l’étude où il s’avère qu’il vit (qu’il dort, puisque vivre est un grand mot), et n’est présent avec les autres et dans ce monde que par sa seule présence.

Les employés s’agacent de cela. Le notaire également, qui n’obtient pas d’explications. Mais étrangement, ce dernier renonce systématiquement à toute confrontation face à la situation de Bartleby, un homme qui ne possède rien et au comportement mystérieux. Culpabilité, pitié, simple humanité… Ne pas brusquer, ne pas demander de se justifier, garder en sécurité cet homme misérable et seul… Le notaire, malgré son incompréhension et son agacement, s’est pris d’affection pour le scribe, au grand dam de ses employés. Car même lorsque Bartleby cesse de travailler, de faire ce pourquoi il est payé, le notaire le laissera plusieurs jours en paix dans l’étude, à méditer. Chaque découverte sur l’étrange comportement de Bartleby décourage le notaire de se montrer strict, dans un monde (Wall Street), où le culte du travail est de rigueur.

Incapable de dénouer cette situation et ne réussissant pas à faire partir Bartleby, même avec une sorte de « prime de licenciement », c’est le notaire qui décide de déménager. Les événements conduisent alors Bartleby en prison, où le notaire ne le visitera qu’une fois, une dernière fois, en laissant pour consigne d’adoucir la vie de cet étrange prisonnier. Laissant le lecteur et le notaire dans l’ignorance du passé de Bartleby, de son histoire, de son attitude inexplicable.

On est devant un récit où la stylistique et la métaphore sont fortes. Au service d’un courant littéraire proche du symbolisme ou de l’humanisme, le choix des personnages et de l’environnement historique et social, et les descriptions elles-mêmes, sont intéressants. C’est une critique de la société, celle du XIXe, qui peut toujours être appliquée aujourd’hui. Une valeur, l’humanisme, qui devrait être commune à chacun d’entre nous, peut-être exister dans un monde où l’humain n’est plus sacré ? On a d’un côté deux visions : la relation notaire/Bartleby, où le souci de l’autre s’ancre dans les tripes, qui est en opposition à ce que représente Wall Street, où l’individualisme collectif est au service du rendement ; d’un autre côté trois visions : un homme qui cherche à comprendre les hommes, un autre qui ne s’identifie plus à la société et la société elle-même, indifférente. 

Ne serait-ce que pour en prendre de la graine sur l’utilisation du style d’écriture et des mots pour symboliser, je vous conseille de consacrer deux petites heures, même pas, à ce récit ! De mon côté, même si je ne suis pas capable d’en faire une analyse correcte à vous livrer, je suis admirative de cette œuvre de Melville.

Verdict : une technique et un style admirables.

Je suis en passe de terminer Intrigue à Venise d’Adrien Goetz, je tâcherai de vous en faire le bilan ce weekend !

 

Et vous, que lisez-vous en ce moment ?

 

A très vite !

Imagimarion

 

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