#5 L’armée des ombres

Coucou les copains-copines !  

Me voilà de retour pour mon bilan lecture #5 ! Je pense finir par établir une petite liste de « livres essentiels », à lire absolument, vous savez, ceux dont je vous dis : lisez-le ! Les récits essentiels qui vous font comprendre les choses : la vie, les êtres humains, les blessures et souffrances, les exaltations et les espoirs. Car ma nouvelle lecture fait partie de ces essentiels, je vous avais dit que je voulais m’y plonger le mois dernier : L’armée des ombres de Joseph Kessel.

 

 

 

armee-des-ombres

L’histoire / Que dit la 4e ?

Londres, 1943, Joseph Kessel écrit L’Armée des ombres, le roman-symbole de la Résistance que l’auteur présente ainsi :  » La France n’a plus de pain, de vin, de feu. Mais surtout elle n’a plus de lois. La désobéissance civique, la rébellion individuelle ou organisée sont devenues devoirs envers la patrie. (…)

Jamais la France n’a fait guerre plus haute et plus belle que celle des caves où s’impriment ses journaux libres, des terrains nocturnes et des criques secrètes où elle reçoit ses amis libres et d’où partent ses enfants libres, des cellules de torture où malgré les tenailles, les épingles rougies au feu et les os broyés, des Français meurent en hommes libres.

Tout ce qu’on va lire ici a été vécu par des gens de France. « 

 

Ce que j’en pense 

L’armée des ombres est le récit de la Résistance, des sursauts qui l’ont fait naître, des hommes et des femmes qui s’y sont engagés, de près ou de loin, de la persistance, des sacrifices, des choix, des moyens et des issues. C’est un livre dans lequel on sent battre littéralement le coeur de la Résistance, et qui a marqué son rythme sur mon propre coeur et ma propre pensée. Lorsqu’on sait en plus, que ce récit ne sort pas de l’imagination de l’auteur mais s’appuie sur des histoires réelles, des témoignages…

Huit chapitres, chroniques du combat souterrain quotidien contre l’armée allemande, se déclinent avec un personnage qui devient principal, pioché dans le chapitre d’avant. On est embarqué dans un « voyage » à travers la guerre, pas celle du front, l’autre. Du camp de concentration, où l’on rencontre Gerbier, figure principale de ce roman réaliste, j’en retiendrai le récit de cette Résistance par Gerbier, de tous ces actes d’inconnus qui ont permis de garder la foi en l’Homme et de garder Legrain en vie, un temps. Legrain, un gamin de presque mon âge, qui voulut résister mais n’en eut pas la santé. L’histoire galvanisante du mouvement, distillée intelligemment par l’auteur, lance la machine.

Le chapitre suivant retrouve Gerbier, mais découvre aussi le travail que l’on ne voudrait pas voir fait par des gens qui justement, luttent contre les atrocités. C’est aussi la réalité et les mots de l’auteur tentent d’expliquer cela. Ils transpirent aussi le doute et le dégoût éprouvés par les protagonistes, pas encore rompus à certaines pratiques. Le troisième chapitre marque la structuration de la Résistance. L’organisation s’organise, se construit, on trouve son rôle, on s’attache aux héros. On découvre l’ampleur de l’action collective grâce à chaque opération isolée et par le souffle de vie qu’elle insuffle au peuple. Les dialogues et les mots sont forts et l’on se rend compte dans le quatrième chapitre à quel point l’acte de résistance trouve sa force dans le plus petit geste, la plus petite parole. C’est ce qui transparaît dans tous les petits récits des actions et des hommes, dévoilés au milieu du roman.

En suivant, les notes de Gerbier, dans un style plus télégraphique, relèvent la « routine » qu’implique la Résistance. Routine dans le sens des nécessaires mesures de sécurité à mettre en place, tous les jours, semaines, mois… secondes. Une vie de cavale ou de prisonnier. Souvent du sale boulot, souvent des réussites. Et le prix à payer à chaque prise. On sent Gerbier qui « s’assouplit », qui après des mois, des années de responsabilités, semble certes être plus professionnel, mais aussi plus touché par la perte. Les derniers chapitres sont en un sens les plus durs. Gerbier condamné à mourir semble à la fois éclore de l’intérieur et se déshumaniser complètement à l’extérieur : paradoxe… Quand la fin arrive, que tout semble sur le point de s’arrêter et de se déliter, que l’on se rend compte que confiance, devoir et faux pas ne font pas bon ménage…

La Résistance n’était pas juste une question de distribution de journaux clandestins ou de sabotages de trains. C’était une armée d’inconnus qui prenaient des décisions extrêmes, qui ont fait vaciller l’occupation et qui redonnaient de l’espoir et le sentiment de vivre là où ils avaient disparu. L’écriture de Joseph Kessel en rend compte avec une étonnante justesse. L’engouement, l’espoir, se lisent à travers les lignes tout comme la résignation et l’envie du devoir. On ne pourra jamais comprendre ce qu’est la guerre à moins d’en vivre une : ce qui n’est souhaitable à personne. Mais on peut au moins comprendre une chose à travers des récits comme celui-ci : a-t-on vraiment envie d’un monde où l’on doit se demander si on est prêt à mourir pour défendre la valeur d’humanisme ?

Verdict : un coup de coeur pour ce témoignage.

 

 

J’ai déjà pris dans ma bibliothèque le tome 2 de Fondation d’Isaac Asimov pour la semaine prochaine 🙂 Et demain, je fais un tour sur vos blogs !
Quelle est votre lecture du moment ? Si vous ne savez pas quelle sera la prochaine, lisez L’armée des ombres ! 😉

A très vite !

Imagimarion

 

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3 réflexions sur “#5 L’armée des ombres

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