#12 Ouragan

Coucou les bibliophiles !  

Le temps file, file, file à toute vitesse, déjà avril les petits choux ! J’ai l’impression de sauter d’un mois à l’autre et de ne rien faire, de ne pas avancer dans la maison, dans mes loisirs… Malgré tout, je suis contente de ne pas trop perdre pied dans mes lectures, et de pouvoir partager avec vous mon bilan #12 pendant la semaine 14 😀 Sérieusement, comment faites-vous pour lire trois livres par semaine ? 

 

 

 

L’histoire / Que dit la 4e ?

A la Nouvelle-Orléans, alors qu’une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n’ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-il en effet d’un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s’est dissout dans la peur ?

Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au coeur de la tourmente, en quête de Rose, qu’il a laissée dernière lui six ans plus tôt et qu’il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence…

Dans un saisissant décor d’apocalypse, Laurent Gaudé met en scène une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent. Leurs voix montent collectivement en un ample choral qui résonne comme un cri de la ville abandonnée à son sort. Roman ambitieux à l’écriture emphatique et incantatoire, Ouragan mêle la gravité de la tragédie à la douceur bienfaisante de la fable pour exalter la fidélité, et l’émouvante beauté de ceux qui restent debout.

Ce que j’en pense 

Il y a trois semaines de ça, je participais à un TTT qui avait pour sujet, les livres à lire rapidement. Cela m’a permis de me lancer, il y a 15 jours, dans un Jane Austen et cette semaine, dans Ouragan de Laurent Gaudé, un roman que j’ai acheté à sa sortie, à ma rentrée en études supérieures sur les métiers du livre, au festival America… Bien installé dans ma PAL, il était temps que je m’y mette.

Je me souviens des actualités quand l’ouragan Katrina a frappé la Nouvelle-Orléans. J’avais envie aujourd’hui de me plonger d’une autre manière dans ce drame. Ce roman n’est pas ce à quoi je m’étais attendue, mais je l’ai aimé quand même. L’ouragan n’a pas réellement le premier rôle ici. Il est le prétexte, le contexte pour croiser les histoires de gens ordinaires. Le vrai sujet est la condition humaine.

Ouragan se lit vite. Les chapitres représentent les étapes chronologiques de la catastrophe. A l’intérieur, chaque paragraphe est l’histoire d’un personnage. Se succédant, ces histoires ont pour point commun qu’elles se passent au même moment. Se succédant, ces histoires sont celles de ceux qui sont restés, des abandonnés essentiellement, des Noirs majoritairement, ceux « dont on ne se préoccupe pas ».

Rose et Keanu, les âmes grises et soeurs, qui séparées n’ont plus été pleines. Les deux se sont infligé la punition de la séparation, et leurs retrouvailles se font au coeur de la tempête, autour d’un enfant. Le dénouement de leur histoire m’a semblé injuste, comme l’injustice qui est faite à certains hommes d’être moins considérés juste parce qu’ils sont comme ils sont. Le révérend, que je n’ai pas compris, puis qui est devenu fou. Son récit m’a fait frémir, m’a fait peur. Mon coeur a battu de terreur. Le prisonnier Buckeley, qui dans le tort n’a pas montré le meilleur de lui-même, mais a eu le mérite de refuser le pire. Et surtout, Joséphine Linc. Steelson, « négresse depuis presque cent ans », qui apporte toute sa poésie, sa colère et sa détermination, sa douleur, au roman. Joséphine Linc. Steelson est le coeur des hommes abandonnés dans l’ouragan, elle est leur mère, leur soeur, leur fille, elle est la parole et l’esprit de ceux qu’on a oubliés, injuriés, amoindris. Joséphine Linc. Steelson est le personnage central de cette histoire pour moi. 

Laurent Gaudé réussit l’exploit de répéter les choses sans que ce soit répétitif. Dans la catastrophe, il décrit le cataclysme intérieur des personnages. Des plaies qui ne se sont pas cicatrisées à l’apaisement, en passant par la violence, la folie, l’amour, la résignation, l’auteur nous livre les sentiments humains avec sensibilité. Avec vérité ou justesse je ne sais pas, parce qu’évidemment, tout comme Laurent Gaudé, je suis née blanche dans un pays des droits de l’homme dont la devise est Liberté, égalité, fraternité, et que si l’on peut être au plus profond de soi convaincu que les hommes devraient tous être égaux, on ne peut pas comprendre totalement la vieille blessure du racisme. Donc, ce récit est sensible, mais je ne suis pas persuadée qu’il soit tout à fait juste et vrai, bien que les mots attribués à Joséphine Linc. Steelson résonnent dans la tête et dans le coeur comme réels. Ce roman n’en reste pas moins beau et provocateur de réflexion et de ressenti.

Peut-être est-il temps maintenant de découvrir Laurent Gaudé à travers Le soleil des Scorta ?

Verdict : poétique et sensible.

 

Je n’ai pas encore choisi ma prochaine lecture, peut-être quelque chose de pas trop long pour pouvoir le dévorer et revenir vous voir pendant le week-end ?

Et vous, avez-vous lu Ouragan ? Vous avez aimé ? Que lisez-vous maintenant ?

A très vite !

Imagimarion

 

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2 réflexions sur “#12 Ouragan

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